Le rêve brisé des migrants

Le rêve brisé des migrants

Dans la cadre d’une campagne de sensibilisation à la migration irrégulière menée par l’Organisation Internationale pour les Migrations et la Direction Générale des Ivoiriens, nous sommes partis à la rencontre des étudiants de l’ISTC, Institut des sciences et techniques de la communication polytechnique.

Certains étudiants avait pour mission de nous présenter leurs travaux, Hémisphère Africa ayant à charge de les évaluer et de s’en servir comme support pour débattre du sujet de la migration irrégulière.

Parmi eux, Mohamed, étudiant spécialisé en réalisation qui nous a présenté le scénario de son court-métrage avec lequel il espère toucher les jeunes de sa génération et leur faire comprendre que « la migration irrégulière n’est pas la voie ultime pour une réussite sociale ».

C’est à ce moment que la course contre la montre a débuté. Nous étions jeudi soir, et le court-métrage devait être diffusé lundi matin. Autrement dit nous avions trois jours, à peine, pour tourner et faire le montage de son histoire.

En 48 heures, ce jeune étudiant s’est démené pour trouver des acteurs talentueux, un décor original et des petites mains bienvenues pour aider à l’organisation.

Après quelques aléas dus aux impondérables, le tournage était lancé et le rendez-vous pris, dimanche à 7h pétante dans l’enceinte de l’ISTC. Nous avons tous été bluffés par le jeu de l’actrice principale, Armanda Achié, qui n’avait pourtant eu que très peu de temps pour s’approprier le rôle d’Alida, une jeune ivoirienne déterminée à se rendre illégalement en Libye.

En une matinée, on ne peut plus chargée, nous sommes parvenus à tourner toutes les scènes du court-métrage. A 14h nous étions déjà en salle de montage et à 17h la version finale du court-métrage était terminée. Challenge relevé !

Ce fut un beau partage d’expérience et une rencontre enrichissante avec les étudiants de l’ISTC qui nous ont impressionné par leur motivation et leur engagement.

Bravo à toute l’équipe, quant à vous chers lecteurs, on vous laisse découvrir « Le rêve brisé » de Mohamed Aly Diabaté…

© Auteur : Alice Villers

Remember Eseka

Remember Eseka

La pluie qui s’abat sur Eséka en cette matinée du 21 octobre 2017, semble pleurer avec cette ville martyre, les morts du terrible accident survenu un an plus tôt. Ici même l’esplanade de la gare, où se déroule une cérémonie du souvenir n’a pas rassemblé grand monde. Sur les rails, les carcasses des wagons accidentés rappellent le drame qui s’est noué il y a un an…

Accident ferroviaire Eseka Cameroun commémoration

Ce jour-là, le train No 152, bondé, transporte entre 1.000 et 1.200 passagers. Un train surchargé avec l’ajout à la hâte de huit wagons supplémentaires sur les neuf initialement prévus. Un train muni d’un système de freinage défectueux, selon les conclusions d’une commission d’enquête gouvernementale. Il a quitté la gare de Yaoundé, une heure plus tôt en direction de Douala, la capitale économique. Mais il termine sa course folle dans un ravin peu avant la gare d’Eséka. Aux premières loges de l’accident, Ngo Imandi Elise, tenancière d’un restaurant situé en bordure du ravin, qui s’en souvient comme si c’était hier: «  J’étais assise ici lorsque vers 13 heures, j’ai vu le train qui venait à grand vitesse…subitement, il a quitté les rails et quatre wagons se sont retrouvés dans le ravin. Le reste a continué sa course….toute la ville était endeuillée, ça faisait très mal…Pour revenir à cet endroit, ce n’était pas facile. Je n’ai pu le faire qu’en juin dernier, j’ai toujours le souvenir de cette journée… ».

 

Du ravin, l’on ne voit plus rien qui puisse témoigner de l’accident. L’herbe qui a repoussé, a effacé tout souvenir de la catastrophe. Malgré le temps qui passe et l’oubli qui s’installe, Aurélie Epoupa a tenu à revenir ici, pour voir de ses propres yeux, l’endroit où son frère cadet, transitaire de 47 ans au moment de l’accident, a disparu. Comme six autres passagers, son corps n’a jamais été retrouvé et la famille peine à faire son deuil. Aurélie a fait ce déplacement douloureux avec l’épouse de son frère et leurs deux enfants, aujourd’hui orphelins. « C’est dur…jusqu’aujourd’hui, c’est comme un mauvais rêve…surtout qu’on n’a pas vu ses restes. On se dit peut être qu’un miracle peut encore se produire. C’est peut être bête de le dire, mais…le temps passe… on n’a même plus le sentiment qu’il s’s’est passé quelque chose ici. Les herbes ont repoussé, il y a peut-être des gens qui ont été engloutis, il fait peut être partie de ceux-là…C’est un sentiment d’impuissance, on se confie au Seigneur et on avance… ».

Accident train Eseka 2016

Sur le plan judiciaire, de nombreuses procédures introduites par les avocats des victimes contre les responsables de Camrail sont pendantes devant les tribunaux en France et au Cameroun. Didier Vandenbon, Directeur Général à l’époque du drame, a depuis démissionné, tout comme le président du conseil d’administration de la Camrail, Hamadou Sali…Vincent Bolloré, patron du groupe et son fils Cyrille qui dirige la filiale Bolloré Transport & Logistics ont été assignés devant le juge des référés. Mais ils ne se sont jamais présentés… «  Seuls les lampistes sont appelés à la barre », déplore Me Michel Voukeng, l’un des avocats des familles des victimes.
Des victimes meurtries à jamais, qui tentent de se reconstruire à l’abri des regards. Certaines comptaient sur des indemnisations qui n’arrivent toujours pas, faute d’accord avec Camrail, qui estime pourtant avoir déjà dédommagé 711 personnes. L’un de ses avocats Me Serge Zangué précise qu’il « faut avoir à l’idée que chaque cas, unique et individuel, est traité comme tel sur la base de critères tels que les revenus, l’âge de la victime, l’assiette des ayants droits, et pour les blessés, le bilan médical… »

commemoration accident train Cameroun 2016Apres les conclusions d’une commission d’enquête gouvernementale pointant du doigt la responsabilité « à titre principal » de Camrail, des mesures avaient été annoncées par les autorités camerounaises. Parmi elles, le déblocage d’une somme d’un milliard de francs cfa (1,5 millions d’euros) pour indemniser d’urgence les victimes, et l’érection d’une stèle du souvenir à Eséka. Douze mois plus tard, le ministre camerounais des arts et de la culture Narcisse Mouelle Kombi, a profité de la cérémonie du souvenir du 21 octobre 2017, pour déposer une gerbe de fleurs à l’endroit retenu pour l’érection de cette stèle qui devrait voir le jour « très prochainement », Quant au fond spécial décidé par le président camerounais Paul Biya, la liste des personnes éligibles a été rendue publique, et les premiers chèques devraient être tirés à partir du 1er novembre 2017…Une maigre consolation pour les familels endeuillées ou meurtries…

 

© Auteur : Marcel Amoko / © Photos : Zigoto Tchaya

RFI, 7 Milliards de voisins à Abidjan

RFI, 7 Milliards de voisins à Abidjan

Mercredi 10 Octobre, Hémisphère Africa était à l’enregistrement de l’émission “7 Milliards de voisins” animée par Emmanuelle Bastide sur RFI. Avec la présence de Marie-Christine Saragosse pour la remise des prix du “Challenge App Afrique 2017” remporté par une jeune ivoirienne, Raïssa Banhoro, avec son projet “Lucie”. Une application d’alphabétisation pour les femmes. On vous retrace la matinée en images…

 

© Photos : Alice Villers

 

 

 

À l’aéroport d’Abidjan, Abba demande pour la quatrième fois à son petit garçon de ne pas monter sur le tapis roulant qui distribue les bagages. Tous deux débarquent de Monrovia, la capitale libérienne. Traumatisée par les années de guerre civile, et parce qu’elle en a les moyens, cette quarantenaire va rester un mois en Côte d’Ivoire. En attendant que passe l’élection présidentielle et les violences qui pourraient en découler. C’est ce qu’elle redoute le plus. De toutes manières, cela fait bien longtemps qu’Abba ne vote plus. Quant à débattre politique avec son entourage, elle n’y pense même pas. « Le ton monte immédiatement et les gens deviennent agressifs » dit-elle.

Cette agressivité tant redoutée, nous ne l’avons pas ressentie en nous promenant dans les rues de Monrovia, « Vous ne verrez jamais quelqu’un venir vous agresser avec un couteau pour prendre votre portefeuille pendant la journée », explique notre chauffeur. Les Libériens que nous avons fréquentés lors de grands rassemblements politiques, dans les hôpitaux ou à l’université nous ont surtout accueillis avec curiosité et bienveillance.

Liberia meeting george weah monrovia
Meeting de George Weah à Monrovia – © Jerôme Garro

Le Libéria s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Un homme – ou une femme, mais c’est assez peu probable – va bientôt occuper la fonction suprême pour la première fois de sa vie, et succédera à Ellen Johnson Sirleaf qui achève son deuxième mandat à l’âge de 78 ans. Les chantiers à entreprendre ou à poursuivre sont immenses avec trois priorités parmi les priorités : le maintien de la paix, l’éducation et la santé. Car la guerre civile, qui a duré plus de dix ans pour s’achever en 2003, a détruit 75% des écoles et 95% des hôpitaux. C’est presque une génération entière, la nôtre, jeunes trentenaires, qui a grandi sans avoir accès à ces services fondamentaux.

Alors en attendant, les Libériens prennent part à la campagne et cela se voit. Partout, des affiches, des t-shirts et des défilés en l’honneur de tel ou tel candidat, au son de chansons composées spécialement pour l’occasion. On les croise sur le bord de la route, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Pourtant, lors des grands rassemblements politiques qui peuvent durer une journée entière, surprise… Il n’est presque jamais question des programmes qui seront soumis au vote populaire lors du grand scrutin.

Nous avons suivi de près trois des vingt candidats à la présidentielle et il n’a été qu’une seule fois véritablement question de projet politique au cours d’un rendez-vous avec les électeurs. C’était lors du déplacement de MacDella Cooper à l’université de Monrovia. De son côté, le vice-président et candidat du pouvoir, Joseph Boakaï, a axé son dernier meeting sur la cohésion nationale en faisant monter sur scène des figures de l’islam et du catholicisme. Le tout dans une ambiance de festival musical où l’on célèbre la paix en se déhanchant.

MacDella Cooper Libéria
MacDella Cooper invitée à l’université de Monrovia – © Jérôme Garro

George Weah, quant à lui, multiplie tous ses temps de déplacement par dix à cause des centaines de supporters qui l’attendent et accompagnent son cortège à chacune de ses sorties. Une foule hystérique de jeunes gens qui sont souvent nés après que l’ancienne gloire ait obtenu son titre de Ballon d’Or en 1995. Vingt-deux ans plus tard, l’ancien attaquant du PSG continue de remplir des stades de football où l’on distribue gratuitement des boissons, de la nourriture et des petits cadeaux. Mais tous ces électeurs potentiels se rendront-ils aux urnes ?

Le taux élevé d’analphabétisme dans le pays (60% des adultes) a aussi des répercussions sur le scrutin présidentiel. Les consignes de vote sont données sous formes de dessins affichés dans toute la ville, avec des exemples de petites cases à remplir pour voter correctement. Peut-être une solution pour pousser les deux millions d’électeurs libériens à se rendre aux urnes, sous le regard des très nombreux observateurs venus de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et les Etats-Unis, et essayer de garantir un scrutin libre et transparent….

© Auteur : Marie Demarque / © Photos : Jérôme Garro

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